Église Notre Dame

Il y eut autrefois jusqu’à quatre églises à Bouillac. L’église Saint-Sulpice détruite aux guerres de religion, rebâtie, elle disparut sans retour à la Révolution. L’église actuelle, Notre Dame, située dans le village fut incendiée au XVIe siècle, reconstruite en 1632 et enjolivée d’une voûte gothique en 1860.

De cet édifice en briques, avec de robustes contreforts, s’élève un remarquable clocher mur du XVIIe siècle et qui est la partie la plus intéressante. Restauré en 1954, ce clocher mur est certainement le plus beau de Tarn-et-Garonne avec cinq arcades garnies de cloches réparties sur trois niveaux. Il se termine avec un pignon triangulaire flanqué de pyramides. Cet édifice est classé monument historique.

Abbaye de Grandselve

Le village a été rendu célèbre par l’Abbaye de Grandselve, l’un des plus beaux ensembles monastiques de l’occident au XIIe siècle. C’est en 1114 que quelques ermites envoyés par le bienheureux Géraud de Salles, disciple de Robert d’Arbrissol, fondateur de Fontevrault, établissent un modeste ermitage et autour d’un oratoire défrichent le sol afin de le cultiver.
En 1144, le monastère deviendra une filiale de Clairvaux.
Profitant des largesses des seigneurs et des dons des petites gens, l’abbaye grandira en importance telle que le XIIIe siècle sera véritablement son âge d’or, concrétisé par la présence de 800 moines.
Le travail effectué par les moines va être considérable : des terres défrichées, des tuileries créées, des vignes plantées, la prise en charge et le développement du port de Verdun nécessaire à l’écoulement des produits, avec le droit de circulation sur la Garonne.

Le patrimoine de l’abbaye s’étend entre la Garonne au nord, la Save et la Gimone et une ligne imaginaire allant de Beaumont de Lomagne à l’Isle Jourdain.
L’abbaye s’intéresse également à l’enseignement et crée le collège Saint-Bernard à Toulouse en 1281.
Dans une enceinte murée de 8 hectares sont construits les différents bâtiments monastiques avec le cloître construit en premier (XIIe siècle) au milieu. L’église de l’Assomption, remarquable, a les dimensions d’une cathédrale (101,60 m  sur 20,25 m) avec une abside à trois pans avec une ou trois nefs. Commencée à la fin du XIIe siècle elle sera consacrée en 1253.
Pendant la guerre de cent ans, Grandselve reste fidèle à la cause de la France, héberge même le fils de Jean le Bon, captif à Londres du 20 mai au 6 juin 1358.
L’abbaye essuie les guerres de religion. Par souci de protection les reliquaires sont déposés au collège Saint-Bernard à Toulouse.
A la suite d’un décret de la Constituante du 13 février 1790, l’abbaye sera vendue comme bien national. Fin 1793, le cloître et la salle capitulaire seront démolis et en 1803 il sera procédé à la démolition de l’église abbatiale ; l’hôtellerie sera rasée peu après 1815.

Il ne subsiste que la porterie ornée d’un macaron et un pigeonnier du XIXe siècle.

Le trésor de l’abbaye de Grandselve est constitué par sept reliquaires de vermeil du XIIIe siècle. Ces pièces, spécimens de l’art languedocien en matière d’orfèvrerie religieuse, sont exposées dans une vitrine de la chapelle de l’église :

  1. La châsse de la crucifixion : la plus grande, la plus majestueuse.
  2. Le Christ Législateur
  3. La châsse de Notre Dame
  4. La châsse de Sainte Libérate
  5. Le reliquaire de la Sainte Epine
  6. Le reliquaire discoïdal

 

Site de l’Abbaye de Grandselve :   www.abbayedegrandselve.fr